Archives mensuelles : mars 2016

Grandir petite

Grandir petite

Je croise au salon du livre de Paris un éditeur de poésie affairé et plus-qu-occupé : 250 titres à son catalogue à gérer ! Je lui explique, le temps d’un ristretto vite bu… mon but dans ma vie professionnelle : rester petite.

– Mais ça ce n’est pas difficile, me répond-il, en jouant un peu des mécaniques…

– Mais si, au contraire, ça l’est, très !

Je veux rester poète et petite, avec du temps pour écrire. Par chance, j’ai choisi un poème qui essaime en un tournemain d’sms… Par chance, j’ai choisi le haïku, poème de l’encombrement minimum.

Je me demandais comment faire, en pratique, pour que les nouveaux titres rentrent dans mon catalogue et dans ma vie. Le petit accordéon contient 33 titres et c’est un casse-tête tous les ans pour Ben (Delaite) qui en fait la maquette. Et j’ai trouvé la solution ! Il suffit, quand j’ajoute un nouveau titre, qu’un autre laisse sa place. J’ai donc décidé de ne pas réimprimer les épuisés. C’est écologique, c’est sain… ça donne la juste valeur au livre et ça fait marcher les bibliophiles fous.

Je ne réimprimerai donc pas Le Rayon du bas par exemple et, quand le dernier carton de La Volière vide le sera pour de bon, je ferai un livre nouveau. Pour résister, pour durer, il me faut soigner l’essentiel : mon humeur, mon terreau !

Comme la permaculture prend soin de la terre avant de s’occuper des blettes à planter, je soigne mon bon fonds et ne travaille pas trop ma terre. De la permaédition, en somme…

Les doigts pleins de terre
écrivent un haïku de mars
– Un Renard heureux…

(Avec Jean Ferrand de Beauvais)

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