Archives mensuelles : novembre 2020

Plus roseaux que réseaux !

Plus roseaux que réseaux !

Au confinement dernier, j’avais ouvert un compte Fb pour participer à une visio-conférence sur les tarifs postaux pour les livres. Pouvoir poster des livres à un tarif raisonnable me paraît essentiel. Pas seulement les libraires, mais tout le monde.

Pourquoi est-ce que j’ai fermé mon compte, me demande-t-on ?
D’abord, ça m’a terriblement fâchée d’apprendre que les GAFA s’étaient enrichis pendant les dernier mois, tout le contraire des libraires… et que j’avais contribué à cela. Horreur ! Lire sous un arbre, plonger dans un livre à deux mains, sans clics numériques et autre distraction que les butineuses… Voilà LA vie que je veux avoir.

Côté « vie économique », côté travail, ce n’est pas sur Fb que les choses se passent pour moi (je ne suis pas à la retraite) : c’est bien par courrier électronique qu’arrivent les commandes de livres (en moyenne 2 par jour, bien moins que les 5 du début où il se publiait moins de livres de haïkus). Pareil pour les ateliers. Même si, depuis dix mois, il n’y en a pas. J’ai essayé de faire un Skype avec une classe pour parler de haïku… ça n’a pas marché. Je m’occupais de mes asters, j’ai raté le rendez-vous. Pour me faire pardonner ce sacré acte manqué, je suis allée faire un petit tour à Tours rencontrer les enfants. C’était en décembre dernier.

Sur Fb, surtout, c’est le pire de moi que j’exprime et ça m’énerve : goût du commérage, voyeurisme, exhibitionniste… La terrible tentation de la superficialité, du bavardage. (Eh oui, si j’aime tellement la concision du haïku c’est… qu’il ne me ressemble pas !) Je lutte contre l’éparpillement. Je voudrais travailler, créer, vivre et prendre le temps de parler avec mes voisins… Surtout, je ne veux pas me laisser aller à la peur collective, aux idées générales faciles, si loin des couleurs des pelotes de pollen que les abeilles rentrent en novembre !

Je n’aime pas ce flot d’infos et d’images. 
Cela trotte longtemps dans ma tête, fait une bouillie.
(Je n’aime pas non plus lire que l’on parle de moi. Ni en mal car ça me touche trop, ni en bien car je n’y crois pas !).
Peut-être suis-je trop timide ? Ou alors trop orgueilleuse ? 
Si quelqu’un veut m’atteindre, qu’il m’écrive une lettre, un mail ou m’appelle. Je répondrai à la main.

Mais je n’ai pas envie de passer une vie immobile…
Depuis le printemps dernier je suis devenue moins sédentaire, grâce aux d’abeilles. Je concocte des projets api-poétiques.

J’oubliais ! J’essaie de lire une heure par jour !
Et je voudrais, aussi, continuer à écrire une heure par jour, debout en regardant la mare par la fenêtre. Si vous saviez tout ce qui s’y passe…
Pauvre cane qui s’exposait dans la mare, en mai dernier ! 
Pour vivre heureux, vivez cachée ? 
Aaah oui, je suis plus roseaux que réseaux !

Portez-vous bien tous et toutes qui me lisez.
Santé et amitié. Et si vous pouvez… sortez !

butinent ensemble
frelons asiatiques, abeilles
mon lierre en fleur

isabel Asunsolo

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