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Nouvelles de Plouy (du 7 septembre)


Comme j’ai beaucoup de demandes
de nouvelles de Plouy,
en voici vite, avant que j’oublie, avant que ça change…
N’écris pas trop vite, me dit une petite voix, écris bien.
Mais si je me soucie de mon écriture, si je la travaille trop,
eh bien, tout va s’échapper
comme le rêve que j’oublie de raconter.

Nous avons, depuis la rentrée
un abribus à Plouy.
Avec un panneau de pub sous verre, un vrai panneau comme dans la vraie ville.
Je l’aperçois de ma fenêtre, bien planté.
C’est amusant parce que, à part les enfants qui prennent le bus scolaire
de 8h du matin,
il n’y a personne à attendre là.
Je me demande si c’est un panneau moderne, connecté :
qui regarde qui le regarde, enregistre, analyse la fréquence
et les expressions des passants, puis mesure (comment?) son impact…
Ce serait un bon thème pour une nouvelle.

La semaine dernière, il y avait la photo souriante de deux silhouettes,
une assise et une debout.
Vu de ma fenêtre,
je croyais qu’il y avait du monde, à l’abribus.
Q
uelques jours plus tard, ce fut le tour d’un aspirateur rouge,
sans fil peut-être,
mais avec un gros coeur-moteur à 39,99 euros je crois.
Pour aspirer quoi ? Les duvets de tourterelle ?
Pas les papillons j’espère, ni les queues d’hirondelle,
ni les demoiselles,
qui sont à l’heure cette année comme chaque début septembre.

Ou alors un aspirateur pour aspirer les feuilles de septembre ?
Notre vieux prunier
a commencé à laisser s’en échapper quelques-unes : petites, rondes et jaunes…
juste après une poignée de prunes : petites, rondes et mauves.

Ce matin, la nouvelle pub est un texte bicolore (sans photo)
sur les cambrioleurs qui volent aussi les polices d’assurance.
J’ai un peu réfléchi pour comprendre le truc.
Les dernières hirondelles seraient-elles intéressées ?
Tant qu’on ne vole pas leurs nids ni ne les détruit, tout va bien pour elles…

Comme je disais le dernier hirondeau a quitté notre garage.

Pendant que la petite hirondelle affutait ses ailes
pour faire sa sortie, moi je triais les cartons et papiers
de mon amie Odile Bonneel décédée en janvier dernier.
Soigneusement, j’ai mis de côté les lettres pour les renvoyer
à leurs expéditeurs, avec un petit mot à la main.
Jeté j’ai un tas de photocopies et des poèmes
de Pierre, Carl, Jean-Claude, Dan, Thierry…
Déshabillé les classeurs de leurs plastiques de celle qui
était aussi documentaliste et gardait tout.
Le vendredi, la poubelle papier est une tour devant chez nous.

Je pense fort à toi, Ondirondelle… HirOndile…
Et je te souhaite à toi aussi une bonne rentrée.
Où donc ? Peut-être là où les hirondelles se perdent,
très loin très haut dans le bleu du ciel…
Ou alors, et si tu apparaissais, ô surprise,
à l’affiche du panneau de pub ?

isabel

Billet de l'éditrice du 08.09.2018

 

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