Parole d’éditrice

Dernier billet de l’éditrice

 

Le nerf de la quoi ?

Toujours à valser entre ma vie économique (du livre) et mes illusions de poète (en dix-sept… voir ma parole de début d’année) je vous livre mes réflexions du jour, ce dix-neuf janvier.

J’entends souvent « l’argent est le nerf de la guerre » et ça m’irrite ! Alors, je prends le temps de réfléchir en regardant le saule de la mare et sa beauté nue…

Laissons tomber la guerre un moment. Concentrons-nous sur le nerf. On peut remplacer ce mot court et nerveux par un autre monosyllabe ou presque (je ne suis pas très douée pour compter les syllabes)… Alors : sève, source, cœur ? C’est à dire, la force intérieure ou l’organe qui nous meut, motive, pousse à agir et à réaliser des choses plus ou moins jusqu’au bout ?… Eh bien je suis heureuse de vous dire, que ce matin de givre et de soleil, je ne vois pas la place de l’argent là ! (C’est parce que tu es gâtée, me rétorquera-t-on, gâtée comme un gâteau tout rond…) Peut-être.

On parlait l’autre soir avec Patrice et Nathalie de revenu universel suffisant (je ne fais pas de la politique, elle m’ennuie terriblement)… pour ne plus avoir à travailler du tout. Je n’aurais plus besoin de discuter les devis des imprimeurs ? Plus besoin de vendre des livres ? Plus besoin d’appeler les libraires mauvais payeurs ? Plus besoin de payer quelqu’un pour qu’ils payent ?

Mais si j’avais plein d’argent, j’ai pensé, que deviendrais-je ? Il est bien possible que plein d’argent me découragerait, couperait court à mon désir, d’entrée, à mon désir d’inventer et de trouver des solutions. Je préfère de loin les idées ! Avec des idées et de l’imagination, je peux inventer un recyclage marrant, faire rire l’enfant. Dessiner un gâteau qui n’existe pas et même la bougie pour la faire souffler à la classe de CP… Que sais-je ?!

Le dur désir de durer, héhé, cela ne s’achète pas. C’est comme le givre, tiens, me dis-je. La beauté du givre au soleil, trésor éphémère qui n’a pas de prix… Et qui peut même « faire illusion » (voir tout en bas). L’illusion est trompe-l’œil en français mais, curieusement, en espagnol, elle est expression de joie intense devant un cadeau présent…

À prononcer en appuyant bien sur le sss et sur le ooooo, et le n final, comme s’il y avait un e : ¡¡¡Qué ilusióóóón!!!

Eh bien, ce 19 janvier 17, nous avons l’ilusión bien espagnole, la joie intense de vous annoncer l’embauche de Magali. Elle va nous aider à continuer ce difficile métier et nous apporter plein d’idées. Cette embauche a un coût, bien sûr, cela s’appelle un investissement. C’est notre première embauche depuis… 2009 !

Magali va donc nous aider à appeler les libraires pour qu’ils achètent nos livres. Comme hier soir la libraire de L’Annexe de Malaucène avec qui nous avons partagé notre ilusión pas feinte du tout de continuer à faire nos métiers respectifs qui tiennent si bien ensemble…

MAIS AH !, si je n’avais pas eu à lui rappeler sa facture de 2016, je n’aurais pas eu le plaisir d’échanger avec elle, d’entendre sa belle voix ni… d’avoir cette nouvelle et très belle commande pour 2017 ! Alors peut-être que oui, finalement, l’argent est le nerf de quelque chose ?

Mais je m’embrouille. Je ferais peut-être mieux d’écrire un beau haïku comme Bikko, haïjin et ami :

elle fait illusion
la voiture abandonnée
matin de givre

Billet de l'éditrice du 20.01.2017

 

Rechercher

Dernières Paroles d’Editrice !

Évènements à venir

- LIVRE PARIS
24-03-2017

Télécharger les anciens billets

Archive de paroles