Parole d’éditrice

Dernier billet de l’éditrice

 

L’éditrice qui composte et rêve…

Finalement, en tant qu’éditrice, j’agis-moi-même comme un compost.
Je reçois des manuscrits et je les digère et recycle à ma façon…
Ils passent par mon regard qui est un genre de pluie acide.

Comme des feuilles de chou rouge cirées et résistantes à la décomposition, certains manuscrits restent longtemps près de moi, et je les relis plusieurs fois.
D’autres, au contraire, disparaissent dans mon tas d’humus et hétéroclite à peine lus. Ils se délitent vite à la façon des pelures d’oignon : si légères qu’elles semblent se dissoudre sur la surface sombre de la terre.
Est-ce que lettre et litière ont la même origine ?
Parfois elles semblent avoir un avenir commun.

Dans mon compost, un noyau inconnu a donné un petit nectarinier vigoureux il y a quelques printemps.
Combien de noyaux de nectarine éparpillés sur la terre donneront un nectarinier ? Un sur cent ? Un sur mille ? Autant peut-être que de manuscrits donneront un livre.
Les livres naissent, vivent et meurent. On dit alors qu’ils sont épuisés.
Le compost, lui, n’est jamais épuisé avec toute cette vie grouillante à l’intérieur…
Moi, l’éditrice, je ne suis pas épuisée mais reste prudente.
Comme il y a beaucoup (trop ?) de livres, ne me faut-il pas être encore plus sélective à l’avenir ?
Je rêve de devenir un compost très concentré. Un compost zéro déchet !

Notre dernier livre, lui, est recouvert par les feuilles. J’aimerais qu’il le soit bientôt par la neige.
Qu’est-ce que cela donnera au printemps de la Poésie ? Toutes les surprises sont possibles, les paris aussi. (vous pouvez m’écrire à editionsliroli@yahoo.fr, si jamais vous avez envie, si jamais vous lisez ceci).
Je vous souhaite d’être bien cette année ! isabel

Signe de l’hiver ?
Arabesques des écorces
de l’arbre inconnu

(haïku écrit avec Paul et des mots de la francophonie 2019, au collège de Gamaches ce 8 janvier)


Billet de l'éditrice du 09.01.2019

 

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