Folie de juillet

 

Ce mois de juillet (passé) j’ai fait peu de choses mais j’ai essayé de les faire bien. J’ai reçu par courrier de bons rebonds et de bonnes ondes, ce qui m’a consolé de dix jours de rage dentaire.

Thierry Cazals m’a envoyé par mail la photo de Vincent Delfosse (coauteur de La Volière vide) que je n’ai jamais rencontré. Pour la première fois son visage apparaît devant moi : il est émouvant dans la lumière orangée d’un café, comme un halo bouddhiste un peu flou.

Journées de peinture blanche (de solives) et de confitures dorées (d’abricots volés). Impression de clarté et d’élévation avec le volume retrouvé dans la maison. Branche secouée de l’abricotier à l’aube et rires devant le tremblement de terre que cela provoque sur le macadam.

Tours de vélo au plan d’eau du Canada avec mon amie C. de Beauvais. Elle écrit aussi et partage avec moi un état de gentille folie reposante. Je me sens bien avec elle.

Halle Saint-Pierre à Paris. Avec ma fille, vu des oeuvres d’Art Brut qui lavent le regard et réjouissent le coeur. Ces artistes «fous» ont les deux qualités que j’admire le plus – patience et enthousiasme – et ne se sont jamais posé la question : A quoi bon ? ! Ils ont trouvé leur riche chemin fourmillant de diversité… Pour le spectateur, l’impression de libération est durable.

Le regard sous la casquette de Vincent, était-t-il celui d’un fou ? J’ai bien sûr pensé à la folie appliquée et opiniâtre de mon ami Jean-Claude Bardot : tous les matins, poème. A chaque lever, poème, lampe allumée, poème !

Les artistes «bruts» n’ont pas fait autre chose : suivre le fil ténu de leurs obsessions et le dérouler pour l’enrouler encore dans un autre sens, sur un autre écheveau. Se lançant éperdument dans leur art, sans le souci de percer ou de paraître… Voilà mon mois de juillet où j’ai travaillé aussi à élaborer le projet Cent haïkus pour la Paix…

à quelle vitesse
la chenille poilue traverse
la route au soleil

Billet de l'éditrice du 17.12.2014